Il y a une question principale : pourquoi les passagers à destination de Moroni ont-il dû changer d’avion à Sanaa ?
Et la réponse est : pour des raisons économiques. Ou bien Yemenia Air ne pouvant faire atterrir ses avions poubelles à Roissy a décidé de faire effectuer la fin du voyage dans ce truc volant tant bien que mal qui coûtait moins cher à faire voler. Ou bien, tout simplement, il s’agissait d’une correspondance « normale » (ce qui n’a pourtant pas l’air d’être le cas) où l’on utilisait un étron volant. Dans tous les cas de figure, il s’agissait de gagner du fric.
Il serait bon, en cette occasion de faire un peu le point sur cette question. On notera que, lors de l’accident en août dernier d’un avion de Spanair , on avait évoqué une politique de réduction des coûts. Dans le dernier accident d’Air France, on a évoqué une lenteur dans le remplacement de ces sondes dont on savait pertinemment qu’elles présentaient des défauts.
On n’a pas dit grand chose de l’accident de chemin de fer de Viareggio, en raison de la morbide concurrence de l’accident de Yemena Air. Là aussi, on évoque une politique de réduction des coûts de l’entretien des voies ferrées dans un contexte de privatisation. L’ex British Railways, privatisée par la dangereuse dogmatique que l’on sait, avait pourtant montré les limites de la chose qu’on peut résumer comme : là où il y a de l’argent à gagner, il n’y a pas de sécurité.
C’est le devoir des états d’assurer la sécurité physique des citoyens. Ceci n’est pas compatible avec la privatisation des services publics. Bientôt GDF-Suez fera exploser ses conduites de gaz faute d’un entretien suffisant et les lignes électriques d’ERDF nous tomberont sur la gueule. En nationalisant les services publics après la dernière guerre, le gouvernement d’alors ne faisait que son devoir. On notera que, sur ce point, un certain Charles de Gaulle n’était pas en désaccord avec les communistes. Il a d’ailleurs, aux débuts de la Vème république, bien usé du caractère national de certaines entreprises. Aucun Concorde ne s’est cassé la gueule, en ces temps-là !
Un jour, on va crier « Vive de Gaulle » . On est tombé bien bas !
Ce matin, au lever, le grand conducator se trouva devant le miroir. Il regarda longtemps son teint un peu délavé qu’il attribua à son long et fatiguant voyage dans son Air Force One privé. Et comme chaque matin, en se regardant, il se demanda ce qu’il pourrait bien dire.
Voilà que le conseil constitutionnel censure la loi hadopi et notamment le fait qu’une autorité administrative ne peut se substituer à la justice dans la délivrance d’une sanction. Il eut été étonnant que ce conseil en décide autrement, dans la mesure où cette loi piétinait sans vergogne les principes constitutionnels fondateurs des droits de l’homme et des droits de la défense. Et voici que les députés et les sénateurs dont les enfants, les petits enfants et les arrière petits enfants (des élus bien sénescents) qui téléchargent comme des malades sont bien embêtés.
Enfin un vrai débat à la télévision. Pas un de ces petits débats merdeux où l’on se dit des choses convenues tout en respectant le temps de parole même quand des conneries sont proférées. Ici, les politiques ont démontré leur vraie nature : leur connaissance souvent superficielle des dossiers, leur position partisane, leur médiocrité.