On sent que chacun est en train de se poser la question. Faut-il continuer à commenter les évènements plus ou moins privés du Président de la République, alors même que celui-ci en fait étalage avec complaisance ? L’affaire du SMS a probablement été le moment paroxystique. Et si l’on peut reprocher à ceux qui l’ont publié d’avoir, d’une certaine façon enfreint le secret de la correspondance, on peut aussi leur accorder de grandes circonstances atténuantes. Ce matin, un journaliste à la radio rappelait que Jacques Chirac avait eu nombre d’aventures et même que sa femme avait envisagé le divorce. Rien de tout cela n’a été divulgué en son temps, simplement parce que la Présidence ne communiquait pas sur ce sujet.
Le Président se comporte comme un adolescent qui vient de faire une conquête inespérée et qui ne peut s’empêcher de pavoiser devant ses petits copains. D’un adolescent, une telle conduite est très immature. D’un adulte, elle est typiquement phallocrate surtout quand elle s’applique à une femme bien plus jeune qui semble par là-même illustrer la mâle virilité du conquérant.
Quand, par ailleurs, le Secrétariat de l’Elysée nous informe que la baisse de popularité du Président est liée à des questions personnelles, on ne peut s’empêcher de faire des hypothèses. Faut-il imaginer que c’est parce qu’il était amoureux ? Car l’on sait bien que l’homme amoureux est distrait de ses affaires et les néglige souvent, surtout dans la phase de conquête incertaine. Doit-on penser que, maintenant, le mariage célébré, les choses seront plus ordonnées.
Ce que nous déclare Claude Guéant est quand même très inquiétant. Il semble dire que, lorsqu’il est amoureux, le Président est moins en mesure de diriger avec application les affaires de la France. Car c’est justement là que le bât blesse. Les électeurs ne l’ont pas élu pour qu’il soit un homme comme les autres. Il l’ont élu justement pour qu’il ne le soit pas. Pour que sens de l’Etat et du Devoir transcende ses éventuels sujets personnels. Et c’est bien ce modèle, inaccessible aux vicissitudes du quotidien que le Général de Gaulle avait, en son temps, créé et transmis. En faisant détruisant le mythe, Nicolas Sarkozy n’a pas servi la France. Et maintenant, il aura beau faire. C’est fini. C’est irrémédiable. Et c’est bien regrettable. Le peuple respecte la modestie (au moins apparente) du train de vie du chef de l’état. L’affaire du Fouquet’s a été la première entorse qui nous avait bien surpris à l’époque. Ce n’était qu’un début. Il y a eu le yacht, Louxor, Petra, la montre, que sais-je ? Cette exhibition devant le peuple auquel on vient de dire que les caisses de l’état son vides a quelque chose d’d’immoral.
Je crains que, pour la première fois dans la cinquième république, nous avons un chef d’état qui n’a pas « une certaine idée de la France ».


Le pire dans l’affaire du SMS révèlée par le Nouvel Observateur hier, ne serait pas que cette information puisse être erronée. Peut-être l’est-elle, peu-être pas. En dépouillant les archives secrètes des opérateurs de téléphonie mobile qui nous espionnent, on le retrouvera peut-être. Et si on ne le retrouve pas, cela ne sera pas la preuve qu’il n’ait pas existé. Comment prétendre que, lorsqu’on est Président de la République, on n’a pas le bras assez long pour faire effacer la copie d’un SMS.
Imaginons les choses ainsi: une bande d’illuminés se prend à l’idée de sauver des orphelins du Darfour et s’installe au Tchad pour procéder à son ramassage. Les autorités tchadiennes ont vent de cette affaire et s’arrangent, à l’aide d’intermédiaires choisis et corrompus, pour fourguer aux illuminés des enfants tchadiens, voire même pas orphelins. Puis, au dernier moment, quasi sur le tarmac, tombent sur le poil des humanitaires foireux et provoquent une bonne crise. Le Président français, gros bras comme l’on sait, se déplace en personne et revient bredouille, mais pas complètement. Il faut dire que le régime Tchadien est loin d’être irréprochable. Le Président Déby, décrit par certains comme