1er Décembre 2018, 18heures, Paris : Macron et sa bande sous les pavés

1er Décembre 2018, 18heures, Paris : Macron et sa bande sous les pavés

Il n’y a plus guère de pavés à Paris. Pourtant quelques-uns en ont trouvé aux Champs Élysées. C’est drôle. Je me crois un peu comme en 68. Une majorité de manifestants pacifiques, un pouvoir qui n’a rien compris et des « enragés », c’est ainsi qu’on les nommait à l’époque. Une différence notable, cependant, avec mai 68 : les étudiants étaient en première ligne. Maintenant, c’est le peuple tout entier. C’est encore plus beau.
Tout a été dit, notamment que ce n’est pas quelques centimes d’euros sur le gas-oil qui sont la cause de ce légitime soulèvement. Le vrai du vrai, et on le sait bien, c’est la différence entre les classes, les risques de chômage de plus en plus grands ou de n’être plus rien parce qu’on n’est pas certain de vivre sa vie avec son usine, son champ, son atelier, sa boutique.
Parce que le Macron a fait croire qu’il serait ce qu’il n’est pas. Macron, on le savait pourtant, c’est le fric, la finance, la banque, la compétition à l’américaine et tant pis pour les derniers de cordée. Mais les français ne sont pas tous comme ça. Loin de là. Dans le fond de la majorité des français, il y a une espèce de socialiste qui dort. Je pense à ce boulanger qui n’a certainement pas voté pour Mélenchon et qui donne ses invendus aux Gilets Jaunes qui occupent le rondpoint…
Dans la trainée, il y aura bien quelques enragés qui foutront le feu à quelques boutiques où 99,99% des français n’iront jamais. Malgré les dizaines de milliers d’euros de dégâts annoncés, c’est peu de choses eu égard aux chiffres d’affaires et aux dividendes. Et il se pourrait bien aussi que ces enragés soient vos enfants qui ont en vain cherché du travail. Ne condamnons pas en vrac.
Et, ne vous en déplaise, j’apprécie cette forme de révolution devant le Macron droit dans des bottes elles-mêmes scellées dans des cubes de béton et qui croit savoir et qui ne sait rien: il ne sait pas ce qu’est une fin de mois ou ce qu’est la vie d’une femme seule qui travaille et élève deux ou trois enfants, ou parce qu’il n’est pas cet agriculteur qui ne vend plus ses porcs qu’à perte ou parce qu’il ne sait pas ce que ressent cet homme licencié qui ne sait pas comment payer le crédit de sa maison.
Tu as de la chance, Macron. Il y a un temps où la Place de la Concorde s’appelait place de la Révolution. Fais gaffe : le 21 Janvier n’est pas loin !

1408 – 01/12/2018

Bakounine